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Le spectre d’un conflit régional
publié le samedi 6 février 2010

Hoda Saliby
 
Le ton qui monte entre Israël et la Syrie d’une part, les Etats-Unis qui renforcent leur système de défense antimissile dans le golfe Arabo-Persique de l’autre. Autant d’éléments qui inquiètent la presse panarabe.

"Notre message à Bachar El-Assad doit être clair : "Non seulement tu perdras la prochaine guerre, mais tu perdras aussi le pouvoir, toi et ta famille." C’est en ces termes qu’Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères israélien, s’est adressé le 4 février au leader syrien, explique Al-Quds Al-Arabi. La veille, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, avait mis Israël en garde contre tout projet de guerre contre la Syrie, estimant qu’un tel conflit se transformerait en "guerre généralisée". Le ministre syrien répondait ainsi au ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, qui avait déclaré qu’en "l’absence d’accord de paix avec la Syrie, nous pourrions nous retrouver dans une confrontation militaire qui pourrait mener à une guerre totale", rappelle le quotidien panarabe.

"Washington et plusieurs membres du gouvernement israélien n’ont pas apprécié ces échanges chargés de menaces", annonce en première page Asharq Al-Awsat. Selon le ministère des Affaires étrangères américain, les responsables israéliens et syriens "ne font que compliquer la reprise des négociations, à un moment où la diplomatie américaine déploie des efforts pour relancer le processus de paix entre toutes les parties concernées". "Les différends entre Israël et la Syrie seront abordés par le nouvel ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, dès qu’il prendra ses fonctions." Ce diplomate chevronné vient d’être nommé à ce poste alors que depuis 2005 les Etats-Unis n’avaient plus de représentant en Syrie. "Israël essaie de calmer le jeu et affirme que son objectif est la paix et non la guerre avec la Syrie", titre de son côté Al-Hayat en reprenant les déclarations faites par le bureau du Premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Toutefois, le déploiement d’intercepteurs de missiles Patriot dans plusieurs pays du Golfe – le Koweït, les Emirats arabes unis (EAU), Bahreïn et le Qatar – et le renforcement au large des côtes iraniennes de la présence de navires américains laissent penser à des préparatifs en vue d’une confrontation avec l’Iran, dont la Syrie est le meilleur allié dans la région. "Le ministre des Affaires étrangère de Bahreïn, Cheikh Khalid bin Ahmad Al-Khalifa, a déclaré, le 3 février, à l’issue d’une rencontre à Washington avec le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, que le déploiement militaire américain a strictement un caractère défensif. Nous ne menaçons personne", rapporte Al-Quds Al-Arabi. Des propos qui se veulent rassurants alors que Bahreïn abrite le quartier général de la Ve flotte américaine et que le Qatar héberge un centre de gestion des opérations aériennes américaines. Pour les responsables iraniens, "les Etats-Unis se livrent à une guerre psychologique en faisant passer Téhéran pour une source de menaces pour les pays du Golfe et en les convainquant qu’ils ont besoin de la protection américaine". [1]

[1] selon le NouvelObs,

La Syrie souhaite reprendre les négociations avec Israël

C’est ce qu’affirme le sénateur Philippe Marini, chargé par le chef de l’Etat d’une mission de contacts sur la Syrie. "J’ai plutôt entendu parler de paix que de guerre", assure-t-il.

Philippe Marini, émissaire du président Nicolas Sarkozy, a affirmé jeudi 4 février que la Syrie souhaiterait la reprise des négociations indirectes avec Israël et parle "plutôt de paix que de guerre". "J’ai plutôt entendu du côté syrien renouveler le souhait que la médiation turque (entre la Syrie et Israël) puisse reprendre", a indiqué le sénateur qui est chargé par le chef d’Etat d’une mission de contacts sur la Syrie.

"J’ai plutôt entendu parler de paix bilatérale avec Israël que de guerre", a-t-il souligné, en réponse aux questions de journalistes à Beyrouth sur l’escalade verbale actuelle entre la Syrie et Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a prévenu jeudi que le président syrien Bachar al-Assad perdrait le pouvoir s’il provoquait une guerre contre Israël.

"Il faut faire vite"

Cette semaine, Philippe Marini a rencontré à Damas le président syrien avant de se rendre au Liban. "Le président Assad comme le Premier ministre (libanais Saad) Hariri ont insisté sur les risques de guerre, sur le caractère fragile de la situation et le fait que les dangers s’accumulent", a-t-il expliqué. Mais, a souligné l’émissaire, "le président Assad a exprimé (ces) craintes pour insister sur les initiatives qu’il faut prendre pour préserver la paix, c’est un argument supplémentaire pour dire qu’il faut faire vite, que le statu quo n’est pas supportable (...) et peut créer des enchaînements de violence".

Mardi, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem avait mis Israël en garde contre tout projet de guerre contre la Syrie, estimant qu’un tel conflit se transformerait en "guerre généralisée".

Il répondait au ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, qui a affirmé qu’en "l’absence d’accord de paix avec la Syrie, nous pourrions nous retrouver dans une confrontation militaire qui pourrait mener à une guerre totale".

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publié par Courrier international

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