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Discussions marathon sur un échange entre Gilad Shalit et des détenus palestiniens
publié le mardi 22 décembre 2009 Le Monde avec AFP Le gouvernement israélien poursuivait, lundi soir 21 décembre, ses discussions marathon, sous l’autorité du premier ministre Benyamin Nétanyahou, sur un possible échange entre le soldat Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis plus de trois ans, et des centaines de détenus palestiniens.
Les sept ministres du "cabinet restreint", qui apparaissent divisés, se sont retrouvés à 20 heures dans le bureau de M. Nétanyahou, pour la cinquième fois en vingt-quatre heures. Ils débattent des conditions d’un échange entre le tankiste israélien détenu dans la bande de Gaza et près de 1 000 prisonniers palestiniens. Cette rencontre pourrait se prolonger jusque tard dans la nuit. La télévision publique a précisé que M. Nétanyahou s’était engagé à présenter au gouvernement la décision finale de ce cabinet restreint afin que l’ensemble des ministres puissent voter officiellement sur un éventuel accord d’échange de prisonniers. Dans ce cas de figure, le négociateur israélien Hagaï Hadas transmettra la réponse d’Israël au médiateur allemand, qui mène ces dernières semaines avec l’Egypte les négociations indirectes entre Israël et le Hamas au Caire. "CAPITULATION" A la mi-journée, M. Nétanyahou a reçu les parents du jeune soldat, qui se sont installés devant son bureau pour attendre le résultat des délibérations du cabinet gouvernemental. "J’espère que chaque ministre est conscient du fait que son choix va décider si Gilad vivra ou non", a déclaré la mère de Gilad, Aviva, avant la rencontre. Dimanche, dans un appel émouvant, le couple avait imploré le premier ministre de "sauver" leur fils en acceptant de conclure un accord avec le Hamas. Selon la radio publique, trois ministres dont Ehoud Barak (défense) sont d’accord pour qu’Israël relâche des centaines de détenus qui seront autorisés à regagner leurs foyers, y compris en Cisjordanie occupée, comme l’exige le Hamas. Trois autres ministres, dont le nationaliste Avigdor Lieberman (affaires étrangères), sont opposés à cette option. Les hauts gradés conviés à ces réunions seraient tout aussi divisés. M. Nétanyahou, qui a un poids déterminant dans le choix, s’est jusqu’à présent prononcé contre une telle libération compte tenu du risque, selon lui, que des prisonniers condamnés pour avoir organisé des attentats-suicide ne procèdent à de nouvelles opérations meurtrières après leur élargissement. Le sergent Gilad Shalit, 23 ans, qui a également la nationalité française, a été capturé le 25 juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza par un commando palestinien. Il est depuis aux mains du Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Des parents de victimes d’attentats palestiniens opposés à l’échange ont également déposé lundi une lettre au premier ministre dans laquelle ils dénoncent "ce processus de capitulation face au terrorisme qui conduira à une grave atteinte à la sécurité d’Israël". [1] [1] voir, aussi Réunion ministérielle en Israël sur un éventuel échange de prisonniersLe Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et six de ses ministres se sont réunis de nouveau lundi soir pour étudier un éventuel échange de prisonniers avec le Hamas, qui réclame la libération d’un millier de détenus palestiniens contre celle du soldat Gilad Schalit, enlevé en juin 2006. Le chef du gouvernement, qui a reçu dans la journée les parents du captif, avait déjà rencontré ses principaux ministres à trois reprises dimanche et une première fois lundi avant cette nouvelle réunion organisée à la nuit tombée. Cette intense activité laisse supposer qu’un accord pourrait être proche. Mais les ministres sont divisés sur la question, certains s’opposant à la libération de Palestiniens condamnés pour des attentats meurtriers. Il semble probable de fait que M. Nétanyahou soumette le sujet à un vote de son conseil des ministres au grand complet. Au début de la réunion de lundi soir, le cabinet de Benyamin Nétanyahou a d’ailleurs fait savoir dans un communiqué que le Premier ministre privilégierait la protection de "la sécurité d’Israël et la vie de ses citoyens" comme "le facteur le plus important" dans la décision sur l’éventuel échange de prisonniers. Selon une source palestinienne proche des négociations, un médiateur allemand porteur de la proposition approuvée par le Hamas a fixé à mercredi la date limite pour qu’Israël agisse. Toujours selon cette source, il n’y aurait pas de négociations supplémentaires par la suite. Toujours selon cette source, Marouan Barghouti, le plus important prisonnier palestinien de l’Etat hébreu, ancien grand patron du Fatah en Cisjordanie et principal rival du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, pourrait être autorisé à rentrer chez lui en Cisjordanie. Le Hamas aurait accepté que plusieurs autres détenus de haut rang soient expulsés. Entre deux réunions, Benyamin Nétanyahou a rencontré les parents de Gilad Shalit, qui ont lancé une grande campagne pour obtenir la libération de leur fils de 23 ans. Son père, Noam, a rapporté ensuite qu’il n’était ni optimiste, ni pessimiste, disant espérer une décision israélienne dans la journée. Avant leur rencontre avec le Premier ministre israélien, Aviva Shalit avait plaidé sur la radio de l’armée pour qu’une décision soit prise dans la journée. Elle a souhaité que les ministres "comprennent que leur vote aura pour conséquence soit une condamnation à mort pour Gilad, soit une libération". En octobre, pour la première fois depuis l’enlèvement, sa famille a pu voir Gilad Shalit dans une vidéo publiée par le Hamas. Ce dernier a déclaré le mois dernier que tous les groupes de la Bande de Gaza avaient accepté de suspendre les attaques à la roquette contre Israël. Cela n’a pas empêché quelques tirs depuis, auxquels l’armée israélienne a répliqué. Gilad Shalit, un soldat franco-israélien, est détenu depuis plus de trois ans dans la Bande de Gaza par des militants proches du Hamas. Il avait été enlevé lors d’un raid transfrontalier qui s’était soldé par la mort de deux autres soldats en juin 2006. S’il était approuvé, l’échange de prisonniers ferait l’objet d’un délai de 48 heures pour permettre aux opposants au projet de faire valoir leurs objections légales. Des dizaines de manifestants ont dressé une tente devant la résidence officielle du Premier ministre pour exhorter le gouvernement à conclure un accord. Les échanges de prisonniers sont controversés en Israël, certains craignant que cela n’encourage les militants à enlever de nouveaux otages ou que d’anciens détenus ne commettent de nouveaux attentats, comme cela s’est vu par le passé. L’Etat hébreu souhaite ainsi que certains des prisonniers libérés ne regagnent pas la Bande de Gaza. Pour les Palestiniens, la libération de centaines d’hommes, de femmes et d’adolescents constituerait une victoire importante. Elle pourrait aussi entraîner un assouplissement de l’embargo imposé par Israël et l’Egypte à la Bande de Gaza depuis que le mouvement islamiste du Hamas y a pris le pouvoir par les armes en juin 2007. Le blocus entrave considérablement la reconstruction de Gaza après l’offensive militaire israélienne de l’hiver 2008-2009. AP |
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